Expositions

Le Tapis Lascaux

Une création étonnante de Marcel Zelmanovitch
A travers ce décor iconique, évocateur pour chacun, le peintre invite à une réflexion sur les premiers gestes artistiques. Se propage ainsi toute l’émotion surgissant de ces formes animales, si caractéristiques de l’art pariétal. Le tapis Lascaux évoque le plaisir d’une incertaine quête préhistorique de confort qui trouve écho en chacun de nous.
En reprenant des dessins des fresques de la grotte, le tapis Lascaux fait s’entremêler deux histoires, celle des origines de l’objet tapis qui recouvre nos sols et celle des premiers gestes artistiques de l’humanité. Pour préserver l’émotion envoûtante qui en émane, les images sont tissées dans des laines naturelles non teintées. Le tissage traditionnel de noeud Gordes participe également à procurer une grande authenticité à cette création.
Le tapis est par excellence un objet de confort et de douceur qui apaise la dureté du sol. Celui-ci est proposé comme une réponse aux terreurs datant de la préhistoire. Son créateur explique ainsi que les premiers peintres croyaient en l’existence de forces sous-terraines, des puissances telluriques extrêmement hostiles que l’homme devait affronter et maîtriser pour vivre. Elles jaillissaient des entrailles de la terre comme les animaux peints surgissent sur les parois de Lascaux. Transposer ces peintures sur un tapis fait référence à cette première nécessité artistique de représenter et ainsi de se délivrer de ces effrois primitifs.
Marcel Zelmanovitch
Sa singularité provient aussi de ce qu’il raconte sur l’origine même du tapis. Dépassant cette vision effroyable du sol, support de toutes les menaces, un désir ardent prend forme, celui d’adoucir la rudesse de cet univers. Le tapis, plus doux et plus chaud pour celui qui le foule ou s’y repose, serait alors un des premiers moments du rêve de bien-être et de confort.
En somme, le tapis Lascaux nous invite à un voyage sur les traces des hommes que nous avons été ; nous, qui n’avons plus rien à craindre du sol et de ses démons.

Crédit des Photos : Julien Auron

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